Un maître IO-Link tient aujourd’hui dans 182 millimètres et 179 grammes.
Ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est qu’un seul câble à trois conducteurs remplace
seize liaisons entre l’armoire et la machine, et qu’un module chaîné derrière un autre
n’occupe pas un port de plus.
Ce qu’est pure.IO
pure.IO est la gamme d’entrées/sorties déportées de Murrelektronik, sortie pour couvrir
les besoins courants sans le poids des modules de bus classiques. Un maître embarque
8 ports IO-Link de classe A et 8 entrées/sorties numériques
dans un boîtier de 182 × 63 × 36 mm pesant 179 grammes, en indice de protection IP65.

à droite, le codage A. Le protocole, lui, ne se voit pas : il est logiciel.
Chaque port accepte indifféremment un appareil IO-Link, une entrée ou une sortie, dans
n’importe quelle combinaison. L’autosourcing se charge de la tension : les entrées
sont alimentées en US, les sorties en UA, sans intervention. Sur le papier c’est un détail ;
en atelier, cela veut dire qu’on ne se trompe pas de module parce qu’on a compté une entrée
de travers.
Un seul article en stock pour trois protocoles
Chaque maître embarque PROFINET, EtherNet/IP et EtherCAT. Le module est
livré préréglé sur l’un des trois — c’est ce que dit le chiffre de la référence — mais le
changement se fait depuis le serveur web intégré, sans outil de configuration.
La conséquence est comptable avant d’être technique. Un intégrateur qui travaille pour
trois clients sur trois réseaux différents ne tient plus trois références en stock, mais une.
Et une machine qui change de contrôleur en cours de vie ne demande pas un nouveau matériel.
Le chaînage IO-Link, sans perdre un port
C’est le point qui mérite l’attention, et il est peu connu. Les modules d’entrées/sorties
pure.IO peuvent se mettre en série derrière un même port du maître, grâce à
un port d’extension. Le second module ne consomme pas un port supplémentaire.

trois ports du maître suffisent.
Trois chiffres résument ce que cela change :
- 40 mètres de portée utile par port, en deux tronçons de 20 m, au lieu
des 20 m d’une liaison directe. - 256 entrées/sorties pilotables par un seul maître IO-Link.
- Aucun port perdu : le port d’extension ne se prend pas sur les huit
ports utiles.
Côté mise en service, il n’y a rien à configurer sinon la longueur en octets du port
maître. Le reste est reconnu automatiquement.
Sur une ligne d’assemblage où les postes sont espacés de quinze mètres, cela signifie
qu’un maître en tête de ligne dessert toute la ligne, avec un câble entre deux postes au lieu
d’un retour vers l’armoire à chaque poste.
Codage L ou codage A : la seule vraie question au moment de commander
Les deux versions d’un même maître ne diffèrent que par le connecteur d’alimentation.
Le brochage est identique — PIN 1 : 24 V US, PIN 2 et 3 : 0 V, PIN 4 : 24 V UA, PIN 5 : terre
fonctionnelle — mais pas le courant admissible.

PWR IN et PWR OUT, en haut.
| Codage L | Codage A | |
|---|---|---|
| Courant en chaînage, traversant | 16 A | 4 A |
| Courant utilisable par le module | 9 A | 4 A |
| Par broche de port | 1 A | 0,5 A |
Une nuance à ne pas manquer : les 16 A du codage L sont le courant qui traverse
le module vers le suivant, par le connecteur PWR OUT. Le module lui-même n’en utilise que 9.
Les deux versions chaînent l’alimentation — la question n’est pas de savoir si on peut repiquer,
mais combien on peut faire passer.
Et une réserve que les fiches commerciales ne mettent pas en avant : ces valeurs
se déclassent avec la température. Entre 45 et 55 °C, le courant admissible tombe de
16 à 8 A, la valeur par broche de 1 à 0,5 A, et le total par groupe de 8 à 4 A. Autrement dit,
à 55 °C un module en codage L délivre exactement ce qu’un codage A délivre à froid. Dans une
armoire chaude ou près d’un four, l’écart de prix entre les deux n’achète plus rien.
Côté câble d’alimentation, la règle est simple : au moins 1,5 mm² jusqu’à 12 A, au moins
2,5 mm² au-delà. Le manuel signale aussi qu’un cinquième conducteur laissé non raccordé
dégrade la compatibilité électromagnétique par couplage capacitif sur le 24 V — mieux vaut le
câble à quatre conducteurs que le câble à cinq mal utilisé.
Deux détails d’exploitation qui comptent plus qu’ils n’en ont l’air

La lecture d’état à 360°. Quatre LED sont intégrées dans les angles du
module, et chaque port en porte trois. Le problème que cela résout est banal et quotidien :
sur un module classique, les voyants sont sur la face avant, et les câbles branchés les
masquent précisément quand on en a besoin. Ici, l’état se lit sous n’importe quel angle, y
compris de biais et depuis une passerelle.
La réinitialisation sans outil. Un bouton matériel est logé sous le
connecteur Ethernet M12-D. On débranche le câble de bus, on appuie, c’est fait — aucun
logiciel, aucun portable à sortir. Et comme il faut débrancher pour y accéder, un appui
accidentel est impossible.
Ce que pure.IO ne fait pas
Un produit se conseille aussi par ses limites. pure.IO est en IP65, boîtier
plastique collé : c’est fait pour les applications standard d’usine et d’intralogistique. Dès
qu’il y a des chocs, des vibrations sévères, de l’huile de coupe ou des produits de nettoyage
agressifs, il faut passer sur IMPACT67 Pro ou MVK Pro, entièrement encapsulés, en IP67, avec
8 ports de classe A/B à 2 et 4 A et OPC UA en plus. Vendre du pure.IO sur une machine-outil
arrosée serait une erreur de conseil.
Autre limite à connaître : les ports sont de classe A. Un appareil IO-Link
de classe B — typiquement un actionneur qui réclame son alimentation séparée — se raccorde avec
un adaptateur de prise (réf. 343958) ou un câble adaptateur (réf. 345184), qui relie le 0 V de
la broche 3 à la broche 5.
Enfin, les longueurs : 20 m entre le maître et un appareil IO-Link, 30 m pour les liaisons
capteur et actionneur. C’est le port d’extension qui porte la distance à 40 m, pas le câble.
Lire une référence pure.IO
Les références sont lisibles une fois qu’on en connaît la règle, et cela évite bien des
erreurs de commande.
- 500A-PLMM1-… : préréglé PROFINET. PLMM2 : EtherNet/IP.
PLMM3 : EtherCAT. Les trois protocoles sont dans les trois modules. - …-DL… : alimentation M12 codage L. …-DA… : codage A.
- Sur les modules d’E/S 500A-PIOIC-…, le dernier caractère fait la
différence : E pour la version à port d’extension, 0 pour
celle qui en est dépourvue. C’est la seule marque de ce qui change tout dans une architecture
chaînée.
Pour qui, concrètement
pure.IO est intéressant quand l’installation cumule trois conditions : des capteurs et des
actionneurs répartis loin de l’armoire, un environnement d’usine standard, et une contrainte
de place ou de masse. Le gain n’est pas dans le module lui-même, il est dans le faisceau qu’on
ne tire pas et dans les heures de câblage qu’on ne passe pas.
Là où il ne faut pas l’imposer : les environnements sévères, les applications de sécurité
fonctionnelle — qui relèvent d’IO-Link Safety et de MVK Fusion — et les installations où tout
tient déjà dans une armoire à deux mètres des capteurs.
Voir les
maîtres et modules pure.IO au catalogue
Sources : présentation pure.IO de Murrelektronik, avril 2026 ;
manuel d’utilisation 500A-PLMM3-DLAL000, version 1.0 du 22 juin 2026 ; fiches produit du
catalogue Murrelektronik. Les visuels sont ceux du constructeur.
